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Ville de Kinshasa

Présentation complète de Kinshasa : histoire, géographie, organisation administrative, économie, culture, musique et personnalités.

Bref historique

Kinshasa, anciennement appelée Léopoldville, est la capitale et la plus grande ville de la République Démocratique du Congo. Sa population est estimée actuellement à 18 millions d'habitants par l'INS sur une superficie de 9.965 km². Elle figure parmi les agglomérations les plus peuplées au monde. Kinshasa a le statut administratif de ville et constitue l'une des 26 provinces du pays. Ses habitants sont appelés Kinois.

Le site de Kinshasa est occupé depuis plusieurs siècles par des peuples bantous (Teke et Humbu) et devient une place commerciale au cours des XVIIIe et XIXe siècles. En 1920, elle ne compte que 1.600 habitants et voit peu à peu sa population s'accroître jusqu'à atteindre 200.000 habitants en 1950. Durant la seconde moitié du XXe siècle, la ville connaît un fort développement économique et une urbanisation anarchique : passant d'un million d'habitants en 1970 à plus de dix millions aujourd'hui.

Carrefour économique, politique et culturel du pays, Kinshasa est une ville de contrastes où coexistent côte à côte des secteurs résidentiels et commerciaux huppés, des universités, des camps militaires et des bidonvilles. Elle constitue un nœud de transport de l'Afrique centrale et accueille les principaux bâtiments institutionnels du pays, tels que le Palais du Peuple et le Palais de la Nation. C'est une ville cosmopolite qui accueille de nombreux étrangers et où le lingala, le kikongo, le swahili et le tshiluba sont les langues principales des habitants au côté du français qui est la langue officielle.

La station de Léopoldville, actuellement Kinshasa, existait depuis décembre 1881. Après la cession de l'État Indépendant du Congo à la Belgique le 15 novembre 1908, Boma devient la première capitale de la colonie belge. Quatre ans après, Georges Moulaert, alors commissaire de district du Moyen Congo, celui-là dont le nom désigne actuellement un quartier de la commune de Bandalungwa, plaida auprès des gouvernements généraux Wahis et Fuck pour que la capitale soit installée sur les rives du Pool. L'arrêté royal du 1er juillet 1923 opta pour ce transfert qui ne devint effectif qu'en octobre de la même année. Léopoldville devint capitale du Congo belge, chef-lieu de la province de Léopoldville. En 1941, les autorités coloniales substituent le concept de district urbain à celui de la ville, dotée d'une personnalité juridique. La ville a réussi à conserver son importance même après la colonisation lorsqu'elle reprit son nom Kinshasa dérivé d'un nom de l'ancienne histoire traditionnelle.

Cadre géographique

À sa création, Kinshasa avait une superficie de 1.150 km². Actuellement, elle a une superficie de 9.965 km². Selon l'arrêté n°69-0042 du 28 janvier 1969, les limites de la ville de Kinshasa se présentent de la manière suivante : au Nord, la République du Congo ; à l'Est et au Nord-Est, la province de Bandundu ; au Sud, la province du Congo Central ; à l'Ouest, le fleuve Congo.

Les limites de la ville étant très étendues, plus de 90 % de sa superficie sont des espaces ruraux ou forestiers (notamment dans la commune de Maluku) où l'on trouve diverses activités agricoles et pastorales ; les parties urbanisées se trouvent à l'Ouest du territoire.

Le site sur lequel est bâtie la ville de Kinshasa se trouve drainé par des rivières dont les plus importantes sont N'djili et N'sele. Les rivières telles que N'djili, N'sele, Gombe, Funa, Basoko et Ndolo se jettent dans le fleuve et jouent un rôle important dans le transfert et l'approvisionnement de la ville. Les bassins hydrographiques sont : Lubudi, Binza, Mampunza, Makelele, Yolo, Matete, Bandalungwa, Tshangu, Kalamu et Tshenke qui ont des débits aux variations saisonnières.

Kinshasa forme des vallées favorables aux cultures maraîchères et vivrières, surtout dans les banlieues de la ville. La ville connaît deux saisons (sèche et pluvieuse).

Organisation politico-administrative

La ville de Kinshasa est une entité administrative décentralisée dotée d'une personnalité juridique et subdivisée en 24 communes reparties en 4 circonscriptions :

Circonscription de Funa (7 communes)

Circonscription de Lukunga (7 communes)

Circonscription de Mont Amba (5 communes)

Circonscription de Tshangu (5 communes)

La structure de la ville de Kinshasa montre une relation entre le lieu de résidence et certains critères socio-économiques. Les quartiers peuvent ainsi être groupés en types d'habitats :

  1. Les quartiers résidentiels : quartiers à faible densité de population ayant pour fonction de servir de résidence. On y trouve une population à revenu élevé (Ngaliema, Gombe, Limete, Righini, Lemba Salongo, Cité verte, etc.).
  2. Les quartiers planifiés construits à l'époque coloniale : Bandalungwa, Kalamu, Lemba, Matete et Kintambo. On y trouve une population à revenu modeste et une infrastructure complète en eau, assainissement et électricité, mais aujourd'hui mal entretenues. Il y a aussi des cités planifiées construites après l'indépendance : Cité Salongo, Camp Badiadingi, Cité Mangengenge, Cité de l'Habitat pour l'Humanité, Cité Verte, Cité Mama Mobutu, Cité du Fleuve.
  3. Les « Cités » : Kasa-Vubu et Ngiri-Ngiri, carrefour où l'on rencontre diverses activités commerciales et artisanales.
  4. Les extensions du Sud : tous les quartiers construits de manière spontanée au sud de Bandalungwa, Ngiri-Ngiri et Kalamu. On retrouve une très forte proportion de travailleurs manuels de moindre qualification.
  5. Les extensions périphériques : cités les plus éloignées du centre-ville (Kinsuka, Selembao, Makala Sud, Lemba, Livulu, Mont-Ngafula, Mbanza-Lemba, Masina, Kinsenso, etc.). Forte croissance démographique et niveau de pauvreté élevé.

Fonctionnement des Communes

Chaque Commune est administrée par un Bourgmestre, assisté d'un Adjoint. Ce sont les autorités politico-administratives de la Commune. Ces bourgmestres sont gérés par l'Hôtel de Ville, c'est-à-dire par le Gouverneur de la Ville. Outre les deux Bourgmestres, nous avons :

Le Bureau communal fonctionne également par les différents services tels que :

Tous ces services sont rattachés au Bureau Communal et sont gérés par les autorités communales. Dans chaque Quartier, il y a un Bureau dirigé par un Chef de Quartier qui a pour mission de gérer la population locale et faire rapport journalier au Bourgmestre de la commune qui, à son tour, doit faire rapport au Gouverneur de la ville sur toute situation qui prévaut dans la Commune.

Gouverneurs successifs de Kinshasa

Premiers entrepreneurs de Kinshasa

Pendant 52 ans (1908-1960), le Congo a été une colonie de la Belgique. L'indépendance du pays, le 30 juin 1960, avait libéré les énergies des Congolais. Les uns s'étaient aussitôt lancés dans la politique, les autres dans les activités économiques. Kinshasa, comme toutes les grandes villes du pays, avait vu surgir un nombre de jeunes entrepreneurs congolais qui avaient petit à petit réussi à imposer leurs noms durant les années 1960-1980.

Ces hommes ont seuls forgé leur réussite. Aucun n'avait fréquenté l'amphithéâtre d'une université. Leur école a été celle de la vie, de l'effort, du travail acharné, de la détermination pour atteindre le sommet.

Petite histoire de la musique à Kinshasa

Kinshasa est connue depuis longtemps comme ville de grande effervescence musicale et d'où sont sortis de nombreux artistes qui ont eu un rayonnement international.

Première génération : Wendo Kolosoy, Adou Elenga, Bukassa, D'oliveira, Bowane, Taumani, Georges Dula, Camille Ferruzi, Lucie Eyenga, Paul Kamba. Wendo en a incarné le leadership en entrant dans la célébrité en 1948, notamment par sa chanson « Marie Louise ».

École African Jazz : Joseph Kabasele Tshamala dit Grand Kallé — qui se fit connaître dès 1953 avec « Parafifi » — figure de proue, avec Nicolas Kasanda dit « Docteur Nico », Déchaud Mwamba, Tino Baroza, Boyimbo Gobi, Papa Noël, Jeannot Bombenga, Pascal Rochereau Tabu Ley, Mulamba Mujos, Bruno. Marqué par le doigté du guitariste Docteur Nico Kasanda, celui de la chanson « Indépendance Cha Cha ».

École OK Jazz ou Odemba : Franco Lwambo Makiadi, guitariste et chanteur, incarnée par son rythmique. Une brochette de musiciens : Vicky Longomba, Pandi, Rossignol, Essou, Nino Malapet, Liegon, Gogene, Edo Ganga, Célestin Kouka, Kwamy, Mulamba Mujos, Boyibanda, Youlou Mabiala, Checain Lola, Simaro Masiya, Brazzos, Nicolas Bosuma, Vévé Verckys Kiamuangana, Isaac Musekiwa, Dele Pedro, Ebengo Dewayon, Johnny Bokelo.

Troisième génération : L'orchestre Thu Zahina, créé en 1968, pionnier avec Waguy Abeli, Denis Bonyeme, Bruno Bonyeme, Roxy Tshimpaka, Pelasimba, Tumba Robot, Vicky Lokoko, Yoka Mangaya, Thierry Mantuika. Le groupe Stukas est lancé en 1969 par Lita Bembo. L'orchestre Zaiko Langa-Langa est créé en 1970 avec DV Moanda comme fondateur, avec Pépé Fély Manuaku, Jules Shungu Papa Wemba, Nyoka Longo, Mavuela Somo, Anto Evoloko, Efonge Gina, Bimi Ombale, Bozi Boziana, Zamuangana Enock, Matima Piosso, Teddy Sukami, Mwaka Mbeki dit Oncle Bapius, Belobi Meridjo, Ilo Pablo, Likinga, Lengi Lenga.

Kinshasa a connu la naissance d'une floraison de groupes : Bella Bella des frères Soki, Lipua Lipua, Makosso, Les Kamale, Empire Bakuba de Yampanya Pépé Kallé, Bakuba Mayopi, Macchi, Etumba na Ngbaka, Cavacha, Shama-Shama, Bella Mambo, Isifi Lokole, Yoka Lokole, Viva la Musica, Langa Langa Stars, Victoria Eleison, Minzoto Wella Wella, Quartier Latin de Koffi Olomide (où Fally Ipupa a évolué pendant plusieurs années).

Quatrième génération dite Wenge : Orchestre « Wenge Musica BCBG 4x4 Tout terrain » avec JB Mpiana, Werasson Ngiama, Didier Masela, Blaise Bula, Aldophe Dominguez, Alain Makaba, Blaise Kombo, Patient Kusangila, Fi-Carré, Manda Chante, Marie-Paul, Alain Mpela, Ferré Gola, Aimelia Lias.

La gent féminine : Lucie Eyenga (« Bolingo ya Ba la Joie »), Pauline Lisanga, Marie Kitoko, Claude Madibala, Henriette Bora Unzima, Astrid Lukando alias Photas, Antoinette Etisomba Lokindji. Suivront Rose Mwaba « Mwana Shaba », Abeti Masikini (première musicienne congolaise à se produire à l'Olympia de Paris en 1973), Mpongo Love, Mbilia Bel et Tshala Muana. Puis les Yondo Sisters (Nyota et Kusala), Akumu Régine « Nana », Victorine Mbambo « Baniel », Abia Ambena « Abby Suriya », Kish Ila Ngoy « Faya Tess », Mukangi « Déesse », Jolie Detta, Ekofo « Schola Miel », Modjiy Efomi « Beyou Ciel », Barbara Kanam, Candy Nkunku « Cindy le Cour ».

Pendant longtemps, les orchestres ont existé grâce à des mécènes ou des éditeurs qui leur offraient, avec contrat, les instruments, assuraient les enregistrements des chansons ainsi que leur promotion et commercialisation. Verckys Kiamwangana, comme homme d'affaires et à travers ses éditions Vévé, a joué un rôle considérable à l'éclosion de nombreux groupes et artistes.

À Kinshasa, les musiciens ont rarement connu des carrières solo : l'artiste a toujours évolué dans un groupe où il est salarié et sous l'autorité d'un patron. Jadis, un groupe qui se créait devait passer par une « sortie », une première prestation publique. Les lieux de ces sorties étaient souvent les mêmes : Parafifi, Un Deux Trois, Kimpwanza, et dont le plus célèbre historiquement a été le bar « Vis-à-Vis » situé au rond-point Victoire, quartier Matonge.

Visiteurs et résidents étrangers de Kinshasa

Depuis l'époque coloniale, Kinshasa a connu, comme toute ville importante, des visites temporaires et la présence permanente de nombreux étrangers.

Rois belges : Albert 1er en 1909, 1928 et 1932 ; Léopold III en 1925, 1933, 1957 et 1959 ; Baudouin 1er en 1955, 1960, 1970 et 1985 ; le roi Philippe en 2022.

Présidents français : Giscard d'Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron.

Chefs d'État africains : Jean-Bedel Bokassa (Centrafrique), Gnassingbé Eyadema (Togo), François N'garta Tombalbaye (Tchad), Omar Bongo (Gabon), Juvénal Habyarimana (Rwanda), Denis Sassou Nguesso (Congo), notamment à l'occasion de la quatrième réunion de l'OUA en 1967.

Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, est venu en visite officielle en 2022. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres en 2019 et son adjoint Jean-Pierre Lacroix en 2024 et 2025.

En 1968, l'élection de Miss Europe, qui devait se tenir à Paris, avait été délocalisée à Kinshasa. La couronne fut remportée par la Finlandaise Leena Brusiin.

Pelé, le grand footballeur brésilien, fut invité à deux reprises à Kinshasa. Son équipe, le FC Santos, joua contre les Léopards du Congo en 1967 (2-1 pour les Brésiliens) et en 1969 (3-2 pour les Congolais).

Johnny Halliday débarqua en 1967 et donna un méga concert au stade Tata Raphaël, en présence de plusieurs personnalités politiques dont le ministre de l'Intérieur Étienne Tshisekedi.

En 1969, les Kinois accueillirent les trois astronautes américains, premiers à marcher sur la lune (Neil Armstrong, Buzz Aldrin, Michael Collins). Ils furent décorés de médailles de l'Ordre National du Léopard par le président Mobutu.

En 1974, Kinshasa a été le centre de la planète avec l'organisation du championnat du monde de boxe poids lourds. Muhammad Ali affronta George Foreman. Ali remporta le combat par K.O. au 8e round. Parmi les célébrités présentes : Joe Frazier, Don King, James Brown, Johnny Pacheco et Celia Cruz.

En 2012, Kinshasa reçut la XIVe Conférence des chefs d'États et des gouvernements des pays ayant la langue française en partage. En 2023, la IXe édition des Jeux de la Francophonie.

Le père de Michael Jackson, Joseph Walter Jackson, visita Kinshasa en 2022. La même année, Jean-Claude Van Damme débarqua à Kinshasa et reçut le passeport diplomatique congolais au titre d'ambassadeur culturel.

En 2025, pour le 51e anniversaire du combat Ali-Foreman, Mike Tyson fut invité à Kinshasa par le groupe de communication Divo.

Résidents étrangers notables : Les Belges Damseaux (Groupe Orgaman), Jules Van Lanker (JVL), Lippens (production sucrière) ; les Portugais Nogueira, Rodriguez, Viana (Alimentation Express) ; les Grecs Athanase Papadrimitrou (éditions Loningisa), Yangos Papadopoulos (Quo Vadis), Jean Pantelidis (magasins Bata), Basile Seitis (pompes funèbres). Aujourd'hui, l'immigration économique est de plus en plus libanaise, indienne, pakistanaise, chinoise et turque, avec des familles comme Achour (libanaise) et Rawji (indienne) présentes depuis le début des années 1970.